L’éducation sentimentale

Gustave Flaubert

Édition de référence : Folio Classique, 1972

 

Préface (Albert Thibaudet)

 

« Son honnêteté est faite en partie de la réserve de Frédéric. Celui-ci est l’homme qui rêve sa vie ; ses rêves cristallisent autour de Marie, et Marie demeure une chose de rêve. Et puis Frédéric est « l’homme de toutes les faiblesses », aussi nettement que Valmont et Julien [respectivement dans Les Liaisons Dangereuses et Le Rouge et le Noir] sont, le premier, un homme de dessein délibéré et, le second, homme de force inflexible. Et tout ce qui, chez un Julien, déclencherait l’acte présent se tourne ici, automatiquement, en rêve, et se trouve différé dans le temps, reporté bers l’avenir. » (p.10)

« Être l’homme de toutes les faiblesses, cela s’appelle entre autres noms, de celui de la timidité ; la timidité c’est une défaillance devant le présent, un manque de raccord entre l’imagination et l’acte, et la vie intérieure sert précisément à combler ou à dissimuler cet interstice. » (p.10)

 

 

L’éducation sentimentale

 

« Il rentrait dans sa chambre ; puis, couché sur son divan, s’abandonnait à une méditation désordonnée ; plans d’ouvrages, projets de conduite, élancements vers l’avenir. Enfin, pour se débarrasser de lui-même, il sortait. » (p.101)

L’auteur dit à un moment que l’amour du cossu décèle l’homme de mince origine.

« L’action, pour certains hommes, est d’autant plus impraticable que le désir est plus fort. La méfiance d’eux même les embarrasse, la crainte de déplaire les épouvante ; d’ailleurs, les affections profondes ressemblent aux honnêtes femmes ; elles ont peur d’être découvertes, et passent dans la vie les yeux baissés. » (p.235)

« La plupart des hommes qui étaient là avaient servi, au moins quatre gouvernements ; et ils auraient vendu la France ou le genre humain pour garantir leur fortune, s’épargner un malaise, un embarras, ou même par simple bassesse, adoration instinctive de la force. » (p.321-2)

« Elle touchait le mois d’aout des femmes, époque tout à la fois de réflexion et de tendresse, où la maturité qui commence colore le regard d’une flamme plus profonde, quand la force du cœur se mêle à l’expérience de la vie, et que, sur la fin de ses épanouissements, l’être complet déborde de richesses dans l’harmonie de sa beauté… » (p.363)

« Mais comment se fâcher ? Elle était d’une douceur désespérante » (p.513)

« Elle se rassit ; mais elle observait la pendule, et il continuait à marcher en fumant. Tous les deux ne trouvaient plus rien à se dire. Il y a un moment dans les séparations, où la personne aimée n’est déjà plus avec nous. » (p.552)

 

 

Notice

 

Je crois qu’une partie de nos maux viennent du néo-catholicisme républicain. J’ai relevé dans les prétendus hommes de progrès, à commencer par Saint Simon et à finir par Proudhon, les plus étranges citations. Tous partent de la révélation religieuse. » (p.588)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :