Odes triomphales

Pindare

Édition de référence : Paleo, 2017

 

Présentation

« A l’époque de Pindare, la musique et la danse accompagnaient toujours l’ode. De la musique nous n’avons plus de traces, mais la structure de la danse est connue, notamment parce qu’elle a perduré longtemps, jusque chez les Romains. L’ode est chantée par un chœur, et ce même chœur exécute la chorégraphie. Cette dernière suit le sens du texte poétique et comporte trois parties qui peuvent se répéter : la strophe, l’antistrophe et l’épode. La strophe était chantée par le chœur, accompagné de la lyre ; le chœur dansait en même temps autour de l’autel ou de la statue, en se déplaçant de droite à gauche. La strophe terminée, débute l’antistrophe ; le chœur se déplace alors de gauche à droite. L’épode vient clore ces deux mouvements : le chœur reste immobile devant l’autel ou la statue. Au niveau musical, l’épode avait toujours un air différent des deux premiers mouvements. Cette danse qui accompagnait l’ode avait une signification religieuse très marquée : il s’agissait de figurer la louange aux dieux ou aux héros que l’on célébrait. Le premier mouvement, de droite à gauche, représentait le mouvement du monde, de l’orient à l’occident ; le second mouvement, de gauche à droite, figurait quant à lui la marche des planètes. » (p. 8-9)

 

Les Olympiques

 « Un grand péril n’est pas fait pour le lâche. Et nous, qui devons mourir, pourquoi, demeurant accroupis dans les ténèbres, consumer une honteuse et stérile vieillesse, étrangers de toutes les gloires ? » (À Asopique d’Orchomène, Épode 3)

« Celui-là est savant, à qui la nature a beaucoup appris ; ceux que l’étude a formés poussent d’inutiles et violentes clameurs, comme le corbeau, contre l’oiseau divin de Jupiter. » (À Théron d’Agriente, à partir de la Strophe 5)

« Nul ne peut échapper à la vengeance d’un plus puissant que soi » (À Agésidame de Locres Epizephyrienne, Epode 2)

« Les qualités que donnent la nature sont toujours les meilleures ; et pourtant, combien d’hommes s’élancent vers la gloire, avec des vertus qu’ils empruntent à l’art ! si un dieu n’est avec nous, mieux vaut que nos actions restent dans le silence. » (À Epharmoste d’Oponte, Antistrophe 4)

Le triomphe, c’est soumettre : « Aujourd’hui Alcimédon l’honore par une trentième victoire, Alcimédon qui, grâce au dieux et à sa valeur, a donné à quatre jeunes lutteurs un retour odieux, une langue timide, une vie honteuse […] » (À Alcimédon d’Egine, à partir de l’Epode 3)

« Il faut, selon l’usage pieux, donner aussi aux morts une part de gloire ; la poussière qui les recouvre n’arrête pas le bruit des beaux exploits de leur sang. » (À Alcimédon d’Egine, Antistrophe 4)

 

Les Pythiques

 « Votre nouveau triomphe me comble de joie ; mais je m’afflige de voir que l’envie est la récompense des belles actions. » (À Mégacles d’Athènes, Epode)

« Je sas aimer un ami ; mais rendant haine pour haine, comme le loup, pour fondre sur mon ennemi je suivrai les détours des sentiers tortueux. » (À Hiéron de Syracuse, Antistrophe 4)

« Je vois que dans les cités une humble fortune est le bien le plus durable, et je méprise le sort des tyrans ; j’aspire à des vertus modestes ; car l’envie est impuissante, quand le mortel parvenu au faite jouit en paix de son bonheur, et repousse loin de son cœur un orgueil funeste ; au terme de la vie la sombre mort lui apparait plus belle, et il transmet à ses enfants chéris un nom sans tache, le plus précieux des héritages. » (À Thrasydée de Thèbes, à partir de la Strophe 4)

« Il est parmi les hommes une race insensée qui dédaigne le présent, convoite avidement l’avenir, et poursuit de stériles espérances des biens qu’elle n’atteindra jamais. » (À Hiéron de Syracuse, Épode 1)

« Pour un bien les dieux donnent aux mortels deux maux en partage. Mais les insensés ne peuvent les supporter avec la dignité du sage, qui ne montre des choses que leur beau côté » (À Hiéron de Syracuse, Antistrophe 4)

« La félicité des mortels ne va pas loin quand elle les accable de son excès. » (À Hiéron de Syracuse, Antistrophe 5)

« Nous ne vivons qu’un jour. Que sommes-nous ? Que ne sommes-nous pas. Le rêve d’une ombre, voilà l’homme. » (À Artistomène d’Egine, Epode 5)

 

Les Isthmiques

 « Deux choses seules, avec la douce opulence, font épanouir la plus aimable fleur de la vie, un beau succès, un beau renom. N’aspire pas à devenir un Jupiter ; tu possèdes tout, si tu as remporté ce double bonheur. » (À Phylacidas d’Egine, à partir de l’Antistrophe 1)

« L’adversité met la prudence au cœur de l’homme. » (À Hérodote de Thèbes, Strophe 3)

 

Les Néméennes

« Il ne convient pas toujours de montrer à découvert la vérité même la plus sûre, et le silence est souvent pour l’homme le parti le plus sage. » (À Pythéas d’Egine, Epode 1)

« Les talents varient avec les hommes ; il faut, en suivant le droit chemin, travailler selon sa nature. » (À Chromios d’Etna, Strophe 2)

« Certes, dans de déplorables débats, souvent l’homme sans éloquence, mais vaillant de cœur, succombe sous le poids de l’oubli, tandis que les plus hautes récompenses sont offertes au mensonge artificieux. Les suffrages secrets des Grecs donnèrent le prix à Ulysse, et Ajax, privé de l’armure d’or, fut aux prises avec le trépas. Et pourtant, de quel bras différent ces deux hommes avaient percé les corps brûlant des ennemis, lorsqu’ils agitaient la lance guerrière, soit autour du cadavre d’Achille à peine expiré, soit dans d’autres journées de combats et de carnage ! C’est qu’elle était déjà toute puissante dans les temps les plus reculés, cette éloquence fausse et perfide, prodigue de paroles trompeuses, habile en fourberies, fléau malfaisant, qui étouffe l’éclat du mérite et va chercher dans les ténèbres quelque gloire menteuse à exalter. » (À Dinis D’Egine, à partir de l’Antistrophe 2)

« Jupiter n’envoie pas aux mortels de présages certains ; et pourtant nous aspirons à de hautes vertus, nous roulons dans notre esprit mille projets, car un espoir que rien n’effraye est enchainé à notre corps : mais l’issue des évènements est étrangère à notre prévoyance. Il faut poursuivre les biens, mais avec mesure ; désirer ce qu’on ne peut atteindre, c’est le comble de la démence. » (À Aristagore de Ténédos, Epode 3)

 

Fragments

 « Ne néglige pas le plaisir dans la vie ; une agréable existence est le plus précieux des biens. » (p. 198)

« Ne révélons pas aux autres le malheur qui nous frappe ; je te le dis : il faut étaler au milieu du peuple notre gloire et notre bonheur ; mais l’homme doit cacher dans l’ombre l’infortune que lui envoient les dieux. » (p. 200)

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