Odyssée

Homère

Edition de référence : Folio Classique, 1999

 

Préface (Philippe Brunet)

 

« Pourquoi Ulysse [chez Alkinoos], le preneur de Troie, pleure-t-il ? Homère compare les larmes d’Ulysse à celles d’une femme traînée en captivité. Mais Ulysse ne s’apitoie pas sur les vaincus ; c’est sur lui-même qu’il pleure, et sur cette Troie qui ne sera jamais plus à prendre. » (p. 8)

« Ce menteur excelle à raconter. Contrairement au laconique Ménélas, ses mots tombent en abondance comme les flocons de neige en hiver. Toujours sur le qui-vive, en avance d’un mensonge, il possède quelque chose de la prudence de Zeus lui-même, telle qu’Homère la valorise. Le poète lyrique Pindare méprisait Ulysse, qui avait reçu par le suffrage du peuple les armes d ‘Achille et ne devait sa gloire qu’à la beauté trompeuse de la poésie. Un dialogue de Platon, l’Hippias mineur, comparant les mérites d ’Achille et d ’Ulysse, montre que la vertu n’est pas du côté du mensonge. En fait, c’est Homère lui-même qui a promu la comparaison : en composant l’Odyssée à côté de l’Iliade, d ’abord ; mais aussi, à l’intérieur de l’Odyssée en montrant que le destin d’Ulysse contrebalance celui d’Agamemnon, tué à son retour par Clytemnestre et l’amant de celle-ci, Egisthe. »

 

 

Odyssée

 

« Beauté, raison, bien dire, on voit qu’en un même homme, les dieux presque jamais ne mettent tous les charmes. » (Ulysse, VIII, 150-181)

« C’est l’ouvrage des dieux [parlant de la guerre de Troie] : s’ils ont filé la mort à tant de ces humains, c’est pour fournir des chants aux gens de l’avenir. » (Alkinoos, VIII, 574-588)

« Quel est ton nom, ton peuple, et ta ville et ta race ?… Quel grand miracle ! quoi ! sans être ensorcelé, tu m’as bu cette drogue !.. Jamais, au grand jamais, je n’avais vu mortel résister à ce charme, dès qu’il en avait bu, dès que cette liqueur avait franchi ses dents : il faut qu’habite en toi un esprit invincible. C’est donc toi qui serais l’Ulysse aux mille tours ?… Le dieu aux rayons clairs, à la baguette d’or, m’avait toujours prédit qu’avec son noir croiseur, il viendrait, cet Ulysse, à son retour de Troie… Mais allons ! c’est assez : rentre au fourreau ton glaive et montons sur mon lit ; qu’unis sur cette couche et devenus amants, nous puissions désormais nous fier l’un à l’autre ! » (Circé, X, 322, 353)

« C’est le vin qui m’incite, ce fou qui fait chanter, danser et rire aux larmes l’homme le plus rassis et nous tire les mots que mieux vaudrait garder. » (Ulysse, XIV, 443-475)

« Tu sais le cœur des femmes : c’est toujours la maison de leur nouveau mari qu’elles veulent servir ; leurs fils d’un premier lit, l’époux de leur jeunesse ne compte plus pour elles ; il est mort ! c’est l’oubli ! » (Athéna à Télémaque, XV, 1-30)

« Sur la terre, il n’est rien de plus faible que l’homme, de tous les animaux qui marchent et respirent : tant que les Immortels lui donnent le bonheur et lui gardent sa force, il pense que jamais le mal ne l’atteindra ; mais quand, des Bienheureux, ii a sa part de maux, ce n’est qu’à contrecœur qu’il supporte la vie. En ce monde, dis-moi, qu’ont les hommes dans l’âme ? ce que, chaque matin, le Père des humains et des dieux veut y mettre !… Moi, j’aurais dû compter parmi les gens heureux ; mais en quelles folies ne m’ont pas entraîné ma fougue et ma vigueur !… et j’espérais aussi en mon père et mes frères !… L’homme devrait toujours se garder d’être impie, mais jouir en silence des dons qu’envoient les dieux. » (Ulysse, XVIII, 125-156)

« À nous deux, Télémaque et moi, nous tâcherons, malgré tous leurs assauts, de les tenir ici, ces nobles prétendants : vous ! courez au trésor ! jetez-le sur le dos [Mélantheus, qui vole des armes du trésor de la maison d’Ulysse, pour permettre aux prétendants de se défendre] ! liez-lui bras et jambes ! puis attachez la Porte. Roulez-le d’une corde et le hissez en haut de d’une des colonnes, jusqu’au ras du plafond : je veux l’avoir en vie pour le bien torturer ! » (Ulysse, XXII, 154-186)

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