Tragédies complètes

Eschyle

Édition de référence : Folio classique, 1982

 

Remarque introductive : chaque pièce de la présente édition comporte une brève notice qui les introduit, résumant l’histoire de manière très didactique ; leur lecture est conseillée.

 

Les Suppliantes

« Qu’aucune assurance ne soutienne votre voix ; qu’aucune effronterie, sur vos visages au front modeste, ne se lise en votre regard posé. Enfin, ni ne prenez trop vite la parole ni ne la gardez trop longtemps : les gens d’ici sont irritables. Sachez céder ; tu es une étrangère, une exilée dans la détresse : un langage trop assuré ne convient pas aux faibles. » (Danaos, p. 57)

« Et maintenant, aux nombreuses leçons de modestie inscrites en vous par votre père, vous ajouterez celle-ci : une troupe inconnue ne se fait apprécier qu’avec le temps ; quand il s’agit d’un étranger, chacun tient prêt des mots méchants, et rien ne vient plus vite aux lèvres qu’un propos salissant. […] Mais songez bien aux leçons paternelles : mettez la modestie plus haut que la vie. » (Danaos, p. 85)

 

Les Perses

« Oui, mais au piège qu’a tendu le dessein perfide d’un dieu quel mortel pourrait échapper ? Qui sait alors d’un pied agile, prendre don élan pour un saut heureux ?

Caressante et douce, Até égare l’homme en ses panneaux, et nul ne peut ensuite s’en évader d’un saut et fuir. » (Le chœur des conseillers du roi, p. 101)

« La démesure en mûrissant produit l’épi de l’erreur, et la moisson qu’on en lève n’est faite que de larmes. » (Darios, p.124)

 

Les sept contre Thèbe  

« Quand les hommes sont pleins de fol orgueil, leur langage est contre eux le plus véridique des accusateurs. » (Etéocle, p. 156)

 

Prométhée enchainé

« PROMETHEE : Oui, j’ai délivré les hommes de l’obsession de la mort.

LE CORYPHEE [du cœur des Océanides] : Quel remède as-tu donc découvert à ce mal ?

PROMETHEE : J’ai installé en eux les aveugles espoirs.

LE CORYPHEE : Le puissant réconfort que tu as ce jour-là apporté aux mortels !

PROMETHEE : J’ai fait plus cependant : je leur ai fait présent du feu. » (p.197)

« Je vois, Prométhée, et je veux même te donner le seul conseil qui convienne ici, si avisé que tu sois déjà : connais-toi toi-même, et, t’adaptant aux faits, prends des façons nouvelles, puisqu’un maitre nouveau commande chez les dieux. » (Océan, p.199)

 

Agamemnon (Orestie)

« Dans quelque voie qu’à cette heure marche l’avenir, son but est fixé par le sort ». (Le coryphée du cœur des vieillards d’Argos, p. 239)

« [Zeus] a ouvert aux hommes les voies de la prudence, en leur donnant pour loi : « Souffrir pour comprendre. » Quand, en plein sommeil, sous le regard du cœur, suinte le douloureux remords, la sagesse en eux, malgré eux, pénètre. Et c’est bien là, je crois, violence bienfaisante des dieux assis à la barre céleste ! » (Le cœur des vieillards d’Argos, p. 242)

« Il est bien du gouvernement d’une femme d’applaudir à ses vœux plus qu’à la réalité. Trop crédule en son désir, la femme va très vite au-delà des faits ; mais très vite aussi périssent les nouvelles qu’a proclamées sa voix. » (Le coryphée du cœur des vieillards d’Argos, p. 251)

« Depuis longtemps les mortels vont répétant un vieux dicton : le bonheur humain, s’il s’élève assez haut, ne meurt pas stérile : de la prospérité germe un insatiable malheur. » (Le cœur des vieillards d’Argos, p. 259) Ex : l’amour de Paris/Hélène entraine la chute de Troie.

« […] la prudence est le plus grand des dons du ciel. Celui-là doit être estimé heureux dont la vie s’est achevée dans la douce prospérité. » (Agamemnon, p. 264)

 

Les Choéphores (Orestie)

« C’est piété de payer le crime par le crime. » (Le coryphée du cœur de captives, p. 305)

 

Les Euménides (Orestie)

« Vois : que ton cœur contemple mes plaies – dans le sommeil l’âme mortelle est tout éclairée d’yeux, à qui le don de voir est refusé quand vient le jour. » (L’ombre de Clytemnestre, p. 352) A l’état de veille, l’homme voit par les yeux ; pendant le sommeil, il voit par le cœur.

« Il est des cas où l’Effroi est utile et, vigilant gardien des cœurs, y doit siéger en permanence. Il est bon d’apprendre à être sage à l’école de la douleur.

Qui donc, homme ou cité, s’il n’est rien sous le ciel dont la crainte habite en son âme, garderait le respect qu’il doit à la Justice ? 

[…]

Qui, de soi-même, sans contrainte, sait être juste, n’ignorera pas le bonheur et jamais ne périra tout entier.

Mais le rebelle audacieux, dont la cargaison criminelle est faite de trésors pêle-mêle amassés en dépit de la Justice,

un beau jour, j’en réponds, se verra forcé d’amener sa voile, quand l’angoisse le saisira devant l’antenne qui se brise.

Il appelle – sans qu’on l’écoute – dans l’étreinte d’un tourbillon irrésistible. Et le Ciel rit en voyant l’insolent,

qui ne prévoyait pas cette heure, en proie à des maux sans remède et impuissant à surmonter le flot.

Son long bonheur d’autan, il l’a précipité contre l’écueil de la Justice, et, sans que nul le pleure, le voilà mort, anéanti. » (Le cœur des Erinyes, p. 367-368)

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